|
L'opération a boosté la production rizicole et maintenu les prix dans une fourchette raisonnable
L'opération "Initiative riz" menée par le gouvernement lors de la campagne agricole 2008/2009 continue de susciter la controverse quant à son efficacité contre la cherté de la céréale sur le marché. Pour des fins de clarification, le ministre de l'Agriculture Agatham Ag Alhassane a rencontré la presse hier dans la salle de conférence de l'OHVN. Il était entouré pour la circonstance des membres de son cabinet et des responsables des structures de son département.
Le ministre a rappelé que l'Initiative riz a suscité beaucoup d'intérêts du fait du caractère particulier de la céréale qui est de plus en plus consommée par les citadins. La consommation de riz est en hausse dans notre pays, ainsi qu'à l'étranger. Ce qui confère à cette céréale une place stratégique dans l'alimentation des ménages. Cette place stratégique conjuguée aux effets de la conjoncture internationale de diminution de l'offre sur les marchés extérieurs a fait bondir les prix du riz. Bien d'autres facteurs expliquent la position stratégique du riz dans la consommation des ménages en milieu urbain et rural.
Le coordinateur de l'opération "Initiative riz", Mamadou Goïta, a révélé que les ménages citadins consomment 61,46 kg de riz par personne et par an avec une préférence pour le riz local. Les superficies occupées par le riz augmentent d'année en année tout comme les récoltes qui ont passé de 3,14 millions de tonnes à 14,60 millions de tonnes au cours des cinq dernières années en Afrique. Dans le même temps, la production asiatique de la denrée a doublé passant de 200 millions de tonnes à 570 millions avec un rendement qui a explosé passant de 1,86 à 4,18 tonnes à l'hectare en moyenne.
Le gouvernement a jugé utile d'apporter une réponse structurelle à une situation conjoncturelle en initiant l'opération "Initiative riz". L'initiative ambitionne de trouver une solution qui permet au producteur d'avoir un prix rémunérateur et au consommateur de s'approvisionner à un coût raisonnable. Le gouvernement tente de trouver le juste milieu entre des intérêts souvent contradictoires. Le producteur ne doit pas produire à perte et le consommateur veut ressentir une moindre pression financière sur son porte-monnaie.
Dans ce cadre, le gouvernement a initié une opération de subvention de la production rizicole avec des engrais minéraux (Urée et DAP) fournis à 12.500 Fcfa le sac de 50 kg, et la semence à 150 Fcfa le kg. Ces intrants sont fournis à moitié prix. L'autre moitié est apportée par l'Etat. Il y a aussi la fourniture aux producteurs à crédit d'équipements agricoles (motoculteurs, batteuses, décortiqueuses, etc).
Mamadou Goïta a révélé que l'opération a coûté très exactement la somme de 34.543.585.957 Fcfa dont 13,147 milliards apportés par l'Etat. Les crédits accordés aux producteurs se chiffrent à 21,396 milliards Fcfa. Notre pays a produit 1 million de riz marchand. Précisons que 900.000 tonnes représentent les besoins nationaux de consommation. Le reliquat des 100.000 tonnes est destiné aux exportations.
Le volet de la commercialisation aura été le maillon faible de l'Initiative riz, a concédé le coordinateur. Qu'à cela ne tienne ! L'opération a permis de ménager la fourchette de prix la moins chère de la sous-région, soit une moyenne de 300 Fcfa le kg, a soutenu Agatham Ag Alhassane qui a précisé que qu'il faut débourser 100 à 150 Fcfa de plus pour acquérir le kg de riz dans certains pays voisins. Il a ajouté que les marchés nationaux sont régulièrement approvisionnés en riz local.
Fort des résultats obtenus par la première opération, le gouvernement a décidé de l'élargir cette année au coton, au blé et au maïs. Le ministre Agatham Ag Alhassane a constaté à ce propos que l'opération a prouvé la nécessité de subventionner l'agriculture, une astuce intelligemment utilisée par tous les grands pays du monde pour pouvoir nourrir leur population.
M. COULIBALY
|