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L’on peut s’attendre à de bonnes récoltes si les pluies se prolongent dans le temps. C’est par les zones de l’Office de la haute vallée du Niger (OHVN) et de l’Office du périmètre irrigué de Baguineda que le ministre de l’Agriculture, Agatam Ag Alhassane a achevé samedi dernier sa tournée de supervision de la campagne agricole 2009/2010 dans la Région de Koulikoro.
Dans la zone de l’OHVN, la délégation ministérielle s’est rendue dans le champ de maïs et de coton de Odiouma Traoré dans le village de Dafara, situé à 40 km de Dialakoroba (sur la route de Ouéléssébougou). Le paysan, selon ses dires, dispose de 230 hectares de terres. Mais pour la présente campagne, il n’en a exploité que 32.
Odiouma Traoré cultive plusieurs spéculations comme le riz Nerica (sur 3 hectares), le coton et l’arachide (5 hectares chacun), le sorgho (8 hectares) et le maïs (10 hectares). L’aspect végétatif des champs que la délégation a visités est jugé bon, malgré un démarrage difficile de la campagne en raison de l’installation tardive des pluies. Odiouma Traoré s’attend à une bonne campagne si les pluies continuent.
Le paysan a naturellement apprécié la subvention accordée par le gouvernement à des engrais qui ont été, de surcroit, mis à disposition dans les temps. Cette faveur l’a encouragé à emblaver autant de superficies que ses capacités matérielles lui permettaient. En fait, Traoré manque d’équipements agricoles conséquents pour mettre en valeur le reste de ses terres. Le ministre l’a encouragé à chercher un titre foncier pour ses terres.
Le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Bakary Togola, a également lancé un appel dans ce sens. Il a exhorté avec insistance les paysans à s’adresser aux autorités préfectorales et communales pour obtenir ce document qui sécurisera leurs terres. Cette démarche répond à une ambition la Loi d’orientation agricole (LOA) que les autorités ont initiée pour faire de notre pays une puissance agricole.
Après le champ de Odiouma Traoré, la délégation a mis le cap sur le village de Sougoula (situé à 75 km de Bamako) pour y visiter le champ de N’Faly Coulibaly. Celui-ci a semé du coton, du riz Nerica, du sorgho, du niébé, de l’arachide, du sésame, du maïs et du mil sur une quinzaine d’hectares.
Il a utilisé 30 sacs d’engrais pour fertiliser les parcelles mais cette quantité d’engrais est jugée nettement insuffisante. Le paysan a expliqué qu’il manquait d’argent pour acheter plus d’engrais. Il faut préciser que l’intérêt de la visite du champ de N’Faly Coulibaly réside dans le fait qu’il a récupéré des terres exploitées par les méthodes de lutte anti-érosive.
A Falan, localité située à 80 km de Bamako, Agatam Ag Alhassane a visité les parcelles de mil, sorgho, maïs et coton de Seydou Doumbia et de Samou Doumbia. Ce dernier a fait découvrir, non sans fierté, le reste de sa récolte de sorgho de la campagne … 2007.
En route pour Bamako, le ministre s’est arrêté dans le champ de Bakary Togola à Dialakoroba. Ce paysan modèle a semé 103 hectares en riz Nerica (30), maïs (60 hectare), arachide (5), sorgho (2), mil (1) et niébé (5). Les champs du président de l’APCAM ont bonne allure même si les effets du déficit pluviométrique se font sentir sur les cultures.
Le directeur de l’OHVN, Issa Djiré, s’est réjoui de l’état des cultures dans les zones couvertes par l’Office. Les prévisions de superficies cultivées ont été atteintes à 95% pour les cultures vivrières, assure-t-il en saluant la relance de la culture du coton dans lesdites zones. Ce regain d’intérêt pour le coton a été favorisé, selon le DG de l’OHVN, par la subvention des engrais.
La sortie sur le terrain s’est achevée par l’Office du périmètre irrigué de Baguinéda (OPIB). Le ministre a visité les parcelles de riz BG90-2 de Dramane Diallo avant de se rendre sur la parcelle expérimentale de rizipisciculture et dans le champ de riz Nerica de Alou Konaré en zone exondée. Les champs de riz ont un bon aspect.
Il faut dire que les paysans ont observé convenablement le calendrier agricole et les techniques culturales édictées par les techniciens encadreurs.
Quant à la parcelle expérimentale de rizipisciculture, elle a été créée dans le cadre d’une convention entre la direction nationale de la pêche et l’OPIB. Elle vise à combiner la culture du riz et l’élevage de poisson. Cette expérimentation s’emploie à démontrer les avantages de cette combinaison en vue de diversifier les sources de revenus des exploitants des périmètres de l’OPIB.
Le directeur général de l’Office, Seydou Bassié Touré, a indiqué que 2 600 hectares ont été semés en riz cette année à l’Office. La production attendue est de 15 000 tonnes de paddy avec un rendement moyen de 6 tonnes à l’hectare.
Mais la campagne a démarré dans des conditions difficiles d’irrigation en raison du non revêtement du canal principal. Cette situation est imputable à une défaillance de l’entreprise Gold 2000 dont le contrat a été résilié en raison de son incapacité matérielle à exécuter les travaux.
Faisant le point de sa tournée dans les régions de Kayes et de Koulikoro, le ministre Agatam Ag Alhassane a noté l’enthousiasme des agriculteurs pour les cultures vivrières et de rente (coton, sésame). L’état végétatif des cultures diffère d’une zone à l’autre, en fonction du rythme d’installation des pluies.
A ce propos, le ministre a invité les paysans à s’adapter aux changements climatiques en adoptant des techniques culturales et des variétés de semences plus adaptées.
Par ailleurs, la mission a relevé la présence d’oiseaux granivores par endroits et envisagé des dispositions pour contrer ce fléau.
En conclusion, on peut dire que le pays peut s’attendre à une bonne campagne agricole si les pluies se prolongent dans le temps et si la situation phytosanitaire reste calme.
Envoyé spécial
M. COULIBALY
L’Essor n°16518 du - 2009-09-01 |