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La conférence internationale sur le programme des semenciers africains (PASS) de l'Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) a ouvert ses portes, hier dimanche 5 octobre, au Centre international des conférences de Bamako. Cette rencontre de quatre jours évaluera les progrès réalisés par les acteurs du programme PASS de AGRA dans les différents pays concernés afin d'amener tous les acteurs travaillant sur les différents maillons de la filière à compléter la chaîne de valeurs de manière efficiente pour répondre aux besoins des producteurs africains.
L'ouverture de la conférence était présidée par le Secrétaire général du ministère de l'Agriculture, Moussa Léo Sidibé, qui avait à ses côtés, le représentant de la Fondation Bill and Melinda Gates, celui de la Fondation Rockfeller, le Directeur de l'IER, le président de l'AGRA et le président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture du Mali.
La cérémonie a également enregistré la participation des représentants des organisations internationales, sous-régionales et nationales, les représentants des services techniques, des ONG, des structures organisationnelles productrices de semences, des organisations paysannes et les producteurs venus de l'ensemble des régions du Mali. Les participants sont venus des 13 pays de l'AGRA. A savoir, le Burkina Faso, le Ghana, l'Ethiopie, le Kenya, le Malawi, le Mali, le Mozambique, le Niger, le Nigeria, le Rwanda, l'Uganda, la Tanzanie et la Zambie.
Cette rencontre dont le thème est " la marche vers une révolution verte en Afrique : améliorer les conditions de vie des producteurs par des systèmes semenciers performants ", regroupe des experts en semences, des chercheurs des systèmes nationaux et internationaux de recherche, des entrepreneurs privés semenciers, des distributeurs d'intrants agricoles, des paysans et des décideurs politiques.
Selon le Secrétaire Général du ministère de l'Agriculture, Moussa Léo Sidibé, durant les quinze dernières années, le nombre d'Africains vivant sous le seuil de la pauvreté a augmenté de 50%. A le croire, ce chiffre représente au moins 200 millions de personnes et c'est en cela que le tiers de la population africaine souffre de la faim. Aussi, poursuit-il, les financements pour le développement de l'agriculture africaine ont baissé durant cette période.
Pour Moussa Léo Sidibé, la crise internationale et sociale que nos pays respectifs ont connue dernièrement et qui s'est exprimée à travers les réactions des populations face à la cherté des produits en été le baromètre probant.
" C'est pourquoi, le programme sur lequel vous travaillerez est très essentiel pour les pays africains. Il marque un regain d'intérêt, offre une opportunité pour surmonter les barrières et améliorer la productivité agricole et le bien-être des producteurs africains ", a-t-il déclaré.
L'Alliance estime que la révolution verte est possible aussi en Afrique après les succès enregistrés en Amérique Latine et en Asie à travers un partenariat solide et un engagement très fort de toutes les composantes de la société notamment des leaders politiques en général et les chefs d'Etats en particulier.
" Cette vision de l'Alliance pour la révolution verte en Afrique est aussi la nôtre. Car, la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté constituent un axe central de la mise en œuvre de la politique de nos gouvernements ", a martelé Moussa Léo Sidibé. Avant de rappeler que le Mali s'est inscrit dans cette dynamique à travers le Projet de développement économique et social du président de la République qui fait de l'agriculture le moteur de la croissance économique avec l'objectif de production de 10 millions de tonnes de céréales à l'horizon 2012.
Selon lui, cette vision a été concrétisée par les initiatives riz, maïs, coton et blé que le gouvernement malien a lancé à partir de 2008. " La révolution verte en Afrique est déjà en marche au Mali ", a-t-il soutenu. A le croire, l'atteinte de la révolution verte en Afrique est un défi multidimensionnel. «D'abord, au niveau fondamental, il débute avec des variétés améliorées et performantes pour atteindre des rendements plus élevés. Cette dimension interpelle fortement la communauté des chercheurs que vous êtes. Elle implique une bonne application de la science, mais aussi et surtout, l'émergence de nouvelles générations de scientifiques africains bien formées. Ensuite, elle nécessite la mise en place d'un système de distribution des intrants bien adaptés. Ici, le développement d'une filière semencière appropriée en est la trame essentielle ", a expliqué Moussa Léo Sidibé.
Il a ajouté que la collaboration entre chercheurs, entre public et privé, entre producteurs agricoles et transformateurs des produits agricoles, entre gouvernants et société civile, sont autant d'atouts dans lesquels il faut investir maintenant.
C'est pourquoi, cette rencontre de quatre jours permettra, d'une part, d'évaluer les progrès réalisés par les acteurs du programme PASS de AGRA dans les différents pays concernés et, d'autre part, d'amener tous les acteurs travaillant sur les différents maillons de la filière à compléter la chaîne de valeurs de manière efficiente pour répondre aux besoins des producteurs africains.
Par Soumaïla GUINDO |