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Grégoire Akofodji a étudié les caractéristiques d’une démarche qui fait la bonne santé de cet office.
Le ministre béninois de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Grégoire Akofodji, accompagné de son homologue malien Agatam Ag Alhassane a achevé mardi son voyage d’études par la visite de l’Office du périmètre irrigué de Baguineda (OPIB). C’est par le canal principal de l’OPIB dont le point de départ se situe à Sotuba que la délégation a entamé sa visite.
Des travaux de revêtement sont effectués actuellement sur ce canal par le groupement formé par l’Entreprise générale Mamadou Konaté et l’Entreprise Amadou Diawara (EGK/EAD). Coût du chantier : plus de 4 milliards Fcfa. Les responsables de ces entreprises ont assuré tenir le délai de livraison du canal principal pour son exploitation pour la campagne agricole 2010/2011. La délégation a gagné le périmètre irrigué de Baguineda, où l’expérience de l’étang piscicole dans le cadre de l’association riz-élevage de poissons a impressionné notre hôte.
Le ministre béninois a pris note des avantages que procure la technique associant la culture du riz à l’élevage de poissons. L’expérience de la rizipisciculture a démarré lors de la dernière campagne et a permis au producteur, selon les responsables de l’OPIB, d’augmenter la production de riz grâce aux effets fertilisants des déjections de poisson dans l’eau d’irrigation.
Le second avantage est de fournir au paysan du poisson frais pour la nourriture de sa famille et de l’argent pour son ménage grâce à la vente du surplus de la production halieutique. Le ministre béninois s’est montré intéressé et a souhaité disposer d’informations complémentaires sur la technique. Grégoire Akofodji s’est imprégné des performances de l’OPIB en matière agricole, de son mode de fonctionnement, de ses relations avec les producteurs, du mode d’accès à la terre, de l’équipements des producteurs, de la formation des producteurs sur les itinéraires techniques et les bonnes pratiques agricoles.
Les performances réalisées par la structure sont tributaires de l’animation permanente, l’information et les formations diversifiées dispensées aux producteurs, ont expliqué les responsables de l’Office. L’OPIB organise aussi des réunions d’information et de sensibilisation avec les chefs de village et les leaders d’opinion dans 22 villages. Au cours de celles-ci, il discute avec les paysans du calendrier agricole et des techniques et bonnes pratiques agricoles. Les équipements sont cédés à crédit aux producteurs solvables, l’accès à la terre se fait sur simple demande et est satisfait en fonction des disponibilités de terres cultivables pour les petites exploitations.
Le bail est accordé aux privés qui veulent exploiter de plus grandes superficies. Ces derniers signent un contrat d’exploitation avec l’OPIB sur les parties exondées pour une période convenue. Ce sont là quelques recettes à la base de la bonne santé de l’OPIB. Certains producteurs ont pu atteindre jusqu’à 9 tonnes de paddy à l’hectare, depuis deux campagnes. Grégoire Akofodji a indiqué que son pays envisageait également de fournir des semences certifiées gratuitement à ses producteurs. Les services d’encadrement louent les équipements indispensables pour la production aux producteurs.
Et l’Etat béninois s’investit actuellement dans une intense campagne de valorisation du métier agricole qui a notablement perdu en attractivité auprès de la frange la plus active de la population, à savoir les jeunes. Le ministre béninois a admiré ce que notre pays est en train d’accomplir dans des conditions climatiques et économiques difficiles. Le choix du Mali de s’engager résolument dans la révolution verte est à saluer, a jugé Grégoire Akofodji en décelant dans la démarche malienne nombre de points d’inspiration.
Moriba Coulibaly L'Essor du jeudi 4 février 2010 |