|
Les objectifs de production sont prévus à la hausse pour toutes les céréales.
Le Président de la République, Amadou Toumani TOURE a présidé hier la 4è session du Conseil Supérieur de l’Agriculture. C’était en présence du Premier Ministre, Modibo SIDIBE, de plusieurs membres du gouvernement dont les Ministres de l’Agriculture Agatam Ag ALHASSANE, de l’Elevage et de la Pêche, Mme DIALLO Madeleine BA, de l’Environnement et de l’Assainissement Tiémoko SANGARE.
Ont également participé à la session le président de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture du Mali (APCAM) Bakary TOGOLA, le Secrétaire Permanent de la Loi d’Orientation Agricole (LOA) Daouda DIARRA, les représentants des professions du monde rural (agriculture, pêche, élevage, foresterie etc), le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM) Jeamille BITTAR, le PDG de la BNDA Moussa Alassane DIALLO et son collègue de la Compagnie Malienne de Développement des Textiles (CMDT) Tièna COULIBALY.
Cette session était consacrée à l’examen du rapport d’évaluation de l’état de mise en œuvre de la LOA, la présentation des résultats de la campagne agricole 2009/2010 et le plan de campagne 2010/2011, et des réalisations dans le domaine de l’élevage, de la pêche, de la foresterie au titre de l’année 2009 et les plans de campagne 2010 de ces domaines. Le rapport d’évaluation de l’état de mise en œuvre de la LOA a fait l’objet de longs et fructueux débats, tant le sujet intéresse les participants que sont notamment les représentants des professions agricoles.
L’exposé effectué par le Ministre de l’Agriculture Agatam Ag ALHASSANE a fait ressortir comme insuffisances, la lenteur dans l’élaboration des textes juridiques et réglementaires et la non mise en œuvre effective des textes adoptés.
Ce dysfonctionnement est imputable à l’incompréhension des rôles et responsabilités des uns et des autres plutôt qu’à un déficit d’engagement des acteurs.
En dépit de cette faiblesse, la LOA est aujourd’hui un instrument indispensable qui offre des perspectives prometteuses au secteur agricole à travers des outils de planification des actions de développement, de gestion des ressources naturelles et de sécurisation des producteurs et des productions. Les résultats de la campagne agricole 2009/2010 font ressortir que la production céréalière toutes spéculations confondues a été estimée à 6.334.440 tonnes, soit un taux de réalisation de 103% et un taux d’augmentation de 31,5% par rapport à la campagne 2008/2009. Sur cette production céréalière toutes spéculations confondues, la production rizicole est de 1.950.805 tonnes.
Celle du maïs a atteint 1.476.995 tonnes. La quantité de blé produit est de 15.132 tonnes. Le sorgho a connu une augmentation notable avec 1.465.620 tonnes. 1.390.410 tonnes de mil ont été produites.
Le fonio a enregistré également une légère progression à 35.480 tonnes. La production cotonnière s’est établie à 236.400 tonnes de coton graine. Il faut préciser que le riz et le maïs ont enregistré une progression notable de leur production depuis deux campagnes frôlant les 50% d’augmentation. Ces bons résultats sont en partie liés à la subvention des engrais, des semences et des équipements dont bénéficie l’agriculture depuis les deux campagnes de l’Initiative riz. Cette subvention est passée de plus de 13 milliards pour les facteurs de production à plus de 15 milliards Fcfa pour la campagne agricole passée.
TROIS SYSTEMES DE PRODUCTION
Au titre de la campagne agricole 2010/2011, les objectifs de production céréalière sont bâtis autour des spéculations comme le riz, le blé, le mil, le maïs et le niébé. La production céréalière attendue est estimée à 7.417.469 tonnes toutes spéculations confondues. Cette campagne s’exécutera et s’inscrira dans le cadre de la célébration du Cinquantenaire. La campagne s’inscrit également dans la poursuite et la consolidation des acquis de l’Initiative riz. La production de riz attendue est de 2.268.054 tonnes.
La campagne de riz sera soutenue par l’utilisation des semences sélectionnées, de variétés performantes, des engrais minéraux, de la fumure organique et des équipements agricoles appropriés. Par ailleurs, l’Etat s’investira à élargir l’utilisation de la fumure organique en facilitant l’achat des engrais Sabunyuma de la société Profeba (10.000 tonnes) à travers la subvention. L’aménagement des terres va s’accélérer (18.834 hectares en maîtrise totale de l’eau et 630 hectares en maîtrise partielle). Les superficies cultivables propices à la culture du riz Nerica vont s’étendre. Les objectifs de production du maïs sont de 2.196.191 tonnes. Le gouvernement concentrera ses efforts sur les grands bassins de production et l’exploitation des trois systèmes de production de la céréale (saison, contre-saison irriguée et décrue), sur l’utilisation des semences sélectionnées dont les hybrides, les variétés performantes.
Il favorisera l’apport d’engrais minéraux et de la fumure organique et des équipements agricoles et la mise en valeur des terres autour des ouvrages hydro-agricoles. La culture de blé sera intensifiée pour atteindre les objectifs de production fixés à 32.470 tonnes.
L’attention pour la culture du blé se justifie par le besoin de mettre en valeur l’important potentiel hydro-agricole dont dispose le pays, notamment dans la Région de Tombouctou (Goundam et Diré), la forte demande en blé à 120.000 tonnes par an pour une production nationale de 15.132 tonnes.
L’extension du programme d’intensification du sorgho s’explique par le fait qu’il est cultivé dans toutes les zones agricoles du pays en saison et contre-saison.
Cette céréale contribue largement à la sécurité alimentaire dans le pays. Le sorgho fait partie des céréales les plus consommées au Mali. L’existence de variétés améliorées disponibles au niveau de la recherche agronomique et chez certains producteurs est de nature à augmenter sa production.
DES VARIETES TRES PERFORMANTES
Le Ministre Agatam Ag ALHASSANE a noté la collaboration fructueuse qui existe entre les chercheurs de l’Institut d’Economie Rurale (IER) et ceux de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) qui a permis de trouver des variétés très performantes de sorgho. Celles-ci donnent de 3 à 4 tonnes à l’hectare contre des variétés locales peu productives dont le rendement n’atteint même pas la tonne à l’hectare (entre 700 et 800 kg). Le mil et le fonio sont dans les rangs avec une production cumulée de 1.582.801 tonnes. Cependant leur production ne bénéficiera pas de la subvention des engrais.
Les légumineuses comme le niébé en culture pure et associée aux céréales, les cultures fourragères comme le niébé fourrager, la dolique, le siratro, le sorgho fourrager, les cultures oléagineuses comme le coton (avec une production de 360.000 tonnes de coton graine attendue), le sésame (14.293 tonnes), l’arachide (361.130 tonnes) et le soja (5.647 tonnes), bénéficieront également d’attention lors de la campagne 2010/2011. D’autres cultures (thé, dah fibre, canne à sucre, tabac, tubercules, fruits, pois sucré, gingembre, oseille de Guinée, produits de cueillette, cultures maraîchères) seront aussi au centre des activités de la campagne.
Le budget prévisionnel pour exécuter le programme de campagne 2010/2011 est évalué à près de 263 milliards Fcfa.
Si les objectifs de production céréalière ainsi programmés sont atteints, le département de l’Agriculture aura réalisé les 70% des objectifs du Projet pour le Développement Economique (PDES), à savoir contribuer à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté, a indiqué le Ministre de l’Agriculture Agatam Ag ALHASSANE.
L’essor, du 30/03/2010, Moriba COULIBALY |