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Avec la construction des infrastructures agro-pastorales, la vie change dans cette fraction de quatre grandes familles. L`enthousiasme des populations autour de l`utilisation de ces installations, le ballet des troupeaux autour de l`abreuvoir, incitent les habitants nomades à se sédentariser.
Connaissez-vous Karwassa ? Certainement, non. C`est, tout simplement, une des 8 fractions de N`Gouma, chef-lieu de la commune rurale de Mdiaptodji dans la préfecture de Douentza.
Perché à la porte d`entrée même du Gourma, Karwassa est situé à 35 kilomètres de N`Gouma. Il est composé de quatre grandes familles, soit une quarantaine de foyers. Sa géographie offre un panorama de toute beauté.
Les ballades silencieuses sur les dunes de sable, qui s`embrasent au coucher du soleil, sont un moment d`intense communion avec la nature. Pour y arriver, on ne pourra qu`admirer ce paysage qui ressemble à un véritable " Far West " avec des étendues à perte de vue dans lesquelles se dressent, telles des sentinelles du Sahel, les plus hautes montagnes du Mali.
A quelques kilomètres de là, vivent librement les derniers éléphants du désert dans le Gourma, qui transhument du Mali vers le Burkina Faso… Zone d`élevage par excellence, la localité connaissait d`énormes difficultés, notamment l`accès difficile aux services sociaux de base, comme l`eau potable. Aujourd`hui, ce triste souvenir semble conjugué au passé. A preuve, grâce à l`esprit d`initiative, l`engagement et à la volonté d`un digne fils du terroir de bâtir son pays, l`espoir de vivre sur place renait à Karwassa et freinant, du coup, le phénomène du nomadisme, cet autre mode vie séculaire des peuples de la contrée. Il s`agit de l`actuel premier vice-président de l`APCAM, Abdalahi Ag Mohamedoun Ansari. Humble et très respecté par les populations, les autorités administratives et coutumières de sa commune et de sa préfecture, le mérite de ces réalisations lui revient. En effet, c`est à travers son organisation -Association Tanfo Kalando (ATK)- qu`il a initiée qui lui a permis d`obtenir le financement d`un projet de développement intégré de sa localité auprès du ministère de l`Agriculture qui, à travers ses activités intégrées, a réalisé deux forages avec l`appui de la Coopération japonaise.
Le premier forage a une profondeur de 100 m et une capacité de 12 m3 par heure. L`autre, d`une profondeur de 56 m, est doté d`une capacité de 1,5m par heure. " Autrefois, les ânes, les chevaux et les chameaux faisaient la corvée avec les femmes pour avoir de l`eau. Aujourd`hui, le défi de l`approvisionnement des populations et de nos animaux en eau a été relevé. Ce, grâce au président de la République, au ministère de l`Agriculture et à son partenaire japonais et, surtout, à l`engagement de notre frère, Abdalahi Ag Mohamedoun Ansari. Je souhaite la poursuite de ses réalisations pour tout le Mali en général et le Nord en particulier ", a déclaré le chef de fraction de Kel Tadack Karwassa N`Gouma, Mouhamed El Meloud.
Ces deux forages sont alimentés par un système de panneaux scolaires et servent à abreuver la majeure partie du cheptel de la zone, à développer le petit maraichage et à alimenter les familles en eau potable à travers des bornes-fontaines. Un groupe électrogène a été acquis pour seconder les panneaux. Selon le chef de fraction, 2,5 hectares sont en essai pour le maraichage au profit des femmes et des jeunes, des espèces d`abres du Sud sont également à l`essai.
Pour l`entretien du réseau hydraulique, la population s`est organisée." Les troupeaux s`abreuvent à tour de rôle même s`ils ne sont pas de la fraction. Nous recevons, chaque jour, 20 troupeaux. Mais, selon notre réglementation commune, chaque troupeau paye 50 000 FCFA par an pour l`entretien des infrastructures ", a indiqué Mouhamed El Meloud.
A en croire le ministre de l`Agriculture, l`une des vertus de ces installations agro-pastorale réside dans son objectif de "diminuer surtout la pression des animaux sur les périmètres irrigués " de Déri (110 ha), de Sôbô (30 ha), de Kokoro (25 ha), de Takouti (14 ha) et de Koundjoum (15ha). En effet, au lieu que les animaux quittent le Gourma pour venir s`abreuver vers le Delta intérieur où se trouvent ces périmètres irrigués et autres champs de cultures, ils restent, désormais, sur place dans le Gourma. Toute chose qui permet de prévenir, considérablement, les conflits entre agriculteurs et éleveurs dans la localité.
Selon Mouhamed El Meloud, son terroir possède une quantité suffisante d`aliment-bétail (herbes) pour les animaux. " Il ne nous reste qu`à réaliser des pare-feux pour lutter contre les feux de brousse ", a-t-il ajouté. Dans tous les cas, 24 heures à Karwassa permet de se rendre à l`évidence.
L`enthousiasme des populations dans l`utilisation des infrastructures, le ballet des troupeaux autour de l`abreuvoir donnent un autre visage à Karwassa. Bref, un autre mode de vie est en train de voir le jour dans la localité : le passage du nomadisme au sédentarisme. Et la construction d`un centre de santé par le premier vice-président de l`APCAM, Abdalahi Ag Mohamedoun Ansari, ne fait que réconforter la dynamique de sédentarisation des populations autour des réalisations agro-pastorales consenties.
Source Indépendant
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