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Cette intégration est favorisée comme instrument de promotion d'une croissance partagée et de réduction de la pauvreté en Afrique de l'ouest. Dans le cadre de la deuxième édition de la Semaine de la recherche agricole du Mali (SRAMA) qui a débuté mercredi, le Comité national de la recherche agronomique (CNRA) a organisé en collaboration avec le Centre ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF), un atelier d'information sur le Programme de productivité agricole en Afrique de l'ouest (PPAAO).
La session qui s'est tenue au Centre international de conférences de Bamako a regroupé des participants venus du Ghana et du Sénégal et de notre pays. La cérémonie d'ouverture de l'atelier était présidée par le coordinateur de l'Initiative riz, Mamadou Goïta, et s’est déroulée en présence du directeur général de l'Institut d'économie rurale (IER), le Dr Bino Témé, du secrétaire exécutif du Centre national de la recherche agronomique (CNRA), le Dr Adama Traoré, et du directeur exécutif du CORAF, le Dr Paco Sérémé.
Le PPAAO est conçu à l'initiative de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) pour améliorer la productivité agricole tout en favorisant l'intégration régionale comme instrument de promotion d'une croissance partagée et de réduction de la pauvreté en Afrique de l'ouest.
L'approche adoptée repose sur l'intégration et l'harmonisation des politiques nationales d'une part, sur l'établissement des liens étroits entre la recherche, la vulgarisation, les producteurs et les opérateurs privés d'autre part.
Le PPAAO a vu le jour en septembre dernier à Bamako à l’issue d'un atelier de lancement. Il est financé par la Banque mondiale au profit du Ghana, du Mali et du Sénégal, qui sont éligibles à sa phase pilote avec une rétrocession d'une partie des fonds du projet au CORAF pour la conduite des activités du projet. Il faut rappeler que le CORAF a pour mission de contribuer à une amélioration durable de la productivité, de la compétitivité et des marchés agricoles en Afrique de l'ouest et du centre par la satisfaction des demandes principales adressées au système de recherche de la sous-région.
Basé sur un mécanisme de prêt programmatique adaptatif prévoyant l'éligibilité d'autres pays membres de la CEDEAO à ce financement, ce projet s'exécute dans le contexte du Programme détaillé pour le développement de l'agriculture en Afrique (PDDAA) visant à augmenter la croissance agricole de 6% par an d'ici à l'horizon 2015.
Le PPAAO vise à mettre en œuvre le dernier pilier du PDDAA à savoir la recherche agricole, la dissémination et l'adoption de technologies. Au Mali, les filières agricoles visées par le PPAAO sont le riz, les céréales sèches, le bétail-viande et le lait et les fruits et légumes.
Le Programme de productivité agricole en Afrique de l'ouest renforce la capacité de nos institutions de recherche agricole à travers, entre autres, le développement d'un Centre national de spécialisation en riz à Niono, un centre appelé à évoluer dans les prochaines phases vers un Centre d'excellence pour toute la sous-région, a indiqué le représentant du ministre de l'Agriculture.
C'est là un modèle exemplaire de coopération qu'il convient d'encourager, car il permettra à chacun des pays de se concentrer sur un domaine d'intérêt régional et de faire profiter les autres des résultats obtenus, a apprécié Mamadou Goïta.
Plusieurs concertations ont été organisées tant au niveau politique que technique sur la mise en œuvre des activités du programme. Elles ont aussi étudié les dispositions à prendre pour son extension à l'ensemble des 12 autres pays membres de la CEDEAO. Ce processus prévoit l'identification, d'ici juin prochain, d'un second groupe de pays devant bénéficier de ce prêt programmatique adaptatif.
Cependant, un déficit d'information sur les grandes orientations du programme a été établi par la dernière mission de supervision de la Banque mondiale en décembre dernier conduite au Ghana, Mali et Sénégal et au CORAF. Tenant compte de son rôle de coordonnateur régional du projet, le CORAF a été mandaté, suite à cette mission, pour entreprendre dans chacun des trois pays bénéficiaires du projet, une mission d'information sur les principes de base dudit projet.
Cette décision justifie la tenue de l’atelier actuel qui implique l'ensemble des acteurs intervenant dans la chaîne de valeurs du processus de recherche intégrée pour le développement agricole du Mali et des deux autres pays.
La seconde édition de cet atelier a été ouverte par le Premier ministre Modibo Sidibé, accompagné des ministres de l’Agriculture, Tiémoko Sangaré, de l’Elevage et de la Pêche, Mme Diallo Madeleine Bâ et du président de l’Apcam, Bakary Togola. La SRAMA 2009 qui se tient jusqu’à la fin de la semaine regroupe une centaine d’exposants sur l’esplanade du CICB.
M. COULIBALY
Recherche agricole : FINANCEMENT ET VULGARISATION, LES INGREDIENTS DU SUCCES
La bataille de la productivité se gagnera sur notre capacité à mettre à la disposition des producteurs des semences de qualité, des engrais et des technologies adaptées
Quelle recherche promouvoir ? Quels partenariats nouer pour garantir un financement durable de la recherche ? Comment vulgariser les résultats des recherches ? Ces interrogations sont au cœur de la 2è édition de la Semaine de la recherche agricole (Srama) qui a pour thème : « Contribution de la recherche à faire du Mali une puissance agricole ».
La cérémonie d'ouverture de ce grand rendez-vous a été présidée, mercredi, par le Premier ministre, Modibo Sidibé. Elle s’est déroulée en présence du ministre de l'Agriculture, Tiémoko Sangaré, de son homologue de l'Élevage et de la Pêche, Mme Diallo Madeleine Ba, et de nombreux invités venus, pour la plupart, présenter les résultats de leurs recherches.
Il faut noter la présence de représentants des centres internationaux de recherche intervenant chez nous, au Sénégal, au Ghana ainsi que le Conseil Ouest et Centre africain pour la recherche et le développement agricoles (Coraf/Wecard).
La Semaine de la recherche agricole a été instaurée, il y a un peu plus de deux ans, suite aux visites en 2005 et 2006 du chef du gouvernement de l’époque, Ousmane Issoufi Maïga, dans certaines stations de recherche de l'Institut d'économie rurale (IER). La Srama se veut un cadre d'échanges, de réflexion et de concertation entre chercheurs, vulgarisateurs, producteurs, opérateurs du secteur privé et autorités politiques autour de la problématique de la recherche et du développement agricole.
La semaine qui prend fin ce week-end propose une exposition des résultats de la recherche, des conferences-débats sur des sujets d'intérêt national et international. Sont également prévus une présentation de l'état de la recherche et une remise de prix et de distinctions honorifiques aux meilleurs inventeurs.
Le Premier ministre a salué les remarquables résultats obtenus par nos compatriotes chercheurs - qui leur ont permis d'asseoir une belle notoriété dans la communauté africaine - à travers des appellations comme "Gambiaka". Ces performances attestent, selon Modibo Sidibé, que notre pays dispose de compétences et de ressources humaines capables nous permettre de gagner le pari de hisser le Mali au rang de puissance agricole.
Les enseignements tirés de la dernière campagne agricole ont conforté, selon Modibo Sidibé, la conviction du gouvernement que la bataille de la productivité se gagnera d'abord par notre capacité à mettre à la disposition des producteurs des semences de qualité, des engrais et des technologies adaptées. « Tirant les leçons des difficultés rencontrées pour l'accès aux semences, il a été décidé de renforcer notre propre capacité de production semencière. Je me réjouis des dispositions prises dans ce cadre par le département de l'agriculture par rapport aux semences riz et les recherches en cours sur d'autres cultures, notamment la pomme de terre", a-t-il détaillé.
Toutefois, note Modibo Sidibé, des défis subsistent au premier rang desquels, le financement de la recherche. Sur ce point, le chef du gouvernement a jugé que la solution résidait dans l’allocation de ressources importantes à la recherche. Le budget d'État a, par conséquent, alloué plus de 3 milliards Fcfa à la recherche agronomique.
Le plan de développement à moyen terme 2008-2012 (Pdmt) de l'IER, actuellement en phase d'adoption, constitue également un début de solution à la problématique du financement de la recherche. « Cependant il nous faut nous convaincre que autant il est impossible de laisser l'essentiel du financement de la recherche à la charge des partenaires techniques et financiers, autant l'avenir d'un financement soutenable de la recherche se trouve dans les partenariats solides qui seront tissés entre les instituts de recherche et le secteur privé », a souligné Modibo Sidibé.
Le second défi est celui de la vulgarisation. Les recherches, a constaté le Premier ministre, n'ont d'intérêt pour nombre de nos concitoyens que par leur diffusion auprès des usagers. A ce titre, juge Modibo Sidibé, un effort certain reste à faire et il est urgent que le maillon essentiel de la valorisation et de la vulgarisation des résultats de la recherche soit davantage consolidé.
A. M. CISSÉ |