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Grâce au Système Faguibine qui fait déjà de bonnes choses, la région peut devenir le grenier du Septentrion
Faire de la Région de Tombouctou le grenier de la partie nord du pays ? Le pari est parfaitement jouable. Tant les potentialités agricoles dont regorge la région sont énormes. Le Premier ministre, Modibo Sidibé en a fait le constat au cours de la tournée qu’il a bouclée vendredi dans la région. Pour cette sortie entamée mercredi, le chef du gouvernement était accompagné de trois ministres : Kafougouna Koné (Administration territoriales et Collectivités locales), Agatham Ag Alhassane (Agriculture), Hamane Niang (Jeunesse et Sports). La délégation comprenait également le président du Haut conseil des collectivités territoriales, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara, la représentante résidente de la Fao au Mali, Mme Mariam Mahamat Nour et sa collègue du Pam, Mme Alice Martin-Daihirou.
Dans la zone d'intervention de l'Office pour la mise en valeur du Système Faguibine (Omvf), le spectacle est aujourd’hui impressionnant : des champs de mil de décrue, de gombo, d'oseille de Guinée, de piment s'étendent à perte de vue dans les plaines en cette période de l’année (voir l’Essor du 20 mai).
A Issafaye sur la route vers Goundam et à Douékiré, les populations sont en ce moment mobilisées pour les travaux à haute intensité de main d'œuvre pour creuser le canal d'irrigation. Des groupes de villageois enthousiastes creusent des canaux avec les moyens rudimentaires (dabas et pics), avant de transporter la terre sur les berges des canaux. Le travail se fait dans une atmosphère bon enfant avec de cris d'encouragements.
Pour accueillir le Premier ministre, les responsables du Système Faguibine avaient disposé sur la berge, des sacs de mil achetés par le Pam (Programme alimentaire mondial). Ces vivres sont offerts en contrepartie de la participation des villageois au creusement des canaux. Le travail est dur, car la terre est trop solide, reconnaît le chef de l'Omvf, le colonel Tidiane Kalil Ascofaré. Les villageois mettent donc beaucoup de temps pour avancer à cause des moyens rudimentaires et inadaptés dont ils disposent.
Après ce constat sur le terrain, la délégation du Premier ministre s'est rendue à Goundam. Cette ville a la particularité d’avoir une mairie dirigée par une femme : Mme Seck Oumou Sall Dans la localité cohabitent aujourd'hui une population diversifiée de 14023 habitants (Songhoïs, Peulhs, Maures, Touaregs, Bambaras, Bozos). Les activités principales pratiquées sont l'agriculture, l'élevage, la pêche et l'artisanat. La commune dispose aussi de sites touristiques intéressants.
Mais l'activité agro-pastorale reste le moteur de l’économie locale. Pour les habitants de cette commune, l’option prise par le président Amadou Toumani Touré en faveur de l’agriculture ne peut qu’être bienvenue. Ce choix s’est concrétisé dans la zone par la mise en route de l'Omvf en 2006. Le maire, Mme Seck Oumou Sall a cependant saisi l'opportunité de la visite du chef du gouvernement dans la commune pour évoquer certaines préoccupations. Celles-ci sont nombreuses et ne sont pas forcement en rapport avec le développement de l’agriculture : extension de l'adduction d'eau potable, renforcement des digues de protection des plaines du Système Faguibine, aménagement de l'aéroport de la localité, réalisation d'un complexe sportif et culturel, dotation du terrain de basketball de la ville en projecteurs lumineux.
ENGOUEMENT POUR LA TERRE : L’édile avait auparavant mentionné certaines réalisations socio-économiques faites par le conseil municipal sortant (qui comprenait deux femmes) comme la construction d’un centre de santé communautaire (CSCOM) avec son équipement et sa dotation en système d’adduction d'eau potable (certes insuffisant), la bibliothèque scolaire, une école maternelle équipée, un centre multifonctionnel, un terrain de basketball, l’arrivée des motos taxis dans la commune, et la création d'un comité de prévention et de gestion des conflits.
La mairie s'est impliquée aussi activement dans les campagnes de prévention et de sensibilisation sur le paludisme, et a lancé une campagne d'assainissement dénommée « le quartier le plus propre ». « C'est la première fois qu'un Premier ministre visite nos lacs », a relevé l’élue municipale avant de souhaiter que sa commune devienne le grenier de la Région de Tombouctou et même du Nord-Mali. Cela, grâce à l'Office pour la mise en valeur du Système Faguibine.
En réponse, le Premier ministre, Modibo Sidibé a indiqué que le gouvernement souhaite également que le Système devienne le grenier du Septentrion et le dernier rempart contre la désertification dans le nord du pays.
Le Premier ministre a révélé que sous l'impulsion du président de la République, Amadou Toumani Touré, le gouvernement a décidé de reconduire l'Initiative riz en prenant en compte d'autres spéculations. Celles-ci bénéficieront donc de la mesure de subvention des engrais (blé, maïs, coton). Dont le sac sera vendu à 12 500 Fcfa.
Il a indiqué que le gouvernement tirera toutes les leçons de l'Initiative riz et qu’un accent particulier sera mis sur le volet commercialisation. Le même message a été délivré aux agriculteurs de Bintagoungou, Bourem Sidi Amar, Diré et dans les périmètres rizicoles de Daye-Hamadia et Koriomé à Tombouctou.
A Bintagoungou, le maire, Amadou Ata a assuré que la mise en valeur du Système Faguibine commence à avoir des impacts socio-économiques importants sur la zone. Comme en témoignent l’engouement de la population pour la terre, le retour de l'eau dans les plaines et la stabilisation des prix des céréales.
Il a également certifié que l'autosuffisance alimentaire est une réalité à Bintagoungou. Ce besoin étant assuré, les habitants de la commune ont désormais d’autres préoccupations : l'eau potable, la couverture de la zone par la télévision nationale, la construction de la route reliant la localité à Goundam. Sur la route, la délégation a pu en effet constater que certains véhicules de type 4X4 ont éprouvé des difficultés à escalader les dunes de sable qui entourent la localité, comme une forteresse infranchissable.
M. COULIBALY
FORCEMENT AVEC LES JEUNES
C’est par la ville de Tombouctou que le Premier ministre, Modibo Sidibé avait commencé sa visite dans la région. Moins de deux heures après son arrivée mercredi dans la « Cité des 333 Saints », le chef du gouvernement et la délégation qui l’accompagnait se sont rendus dans la salle de conférence de l'Assemblée régionale, pour présider la cérémonie de lancement des concertations régionales sur la problématique de la jeunesse.
Le maire de la commune urbaine de Tombouctou, Soulaley Ousmane s’est réjoui de la présence des autorités nationales à cette cérémonie. Une présence qui témoigne, selon l'édile de l'importance qu’elles accordent aux préoccupations de la jeunesse. Le président du Conseil national de la jeunesse Siriman Traoré, après avoir fait réciter par toute l'assistance l'hymne national, a vivement salué les autorités pour tous les appuis multiformes qu'elles apportent pour le bien-être des jeunes. Il a évoqué pour étayer ses propos des actions comme le Programme emploi jeunes, le recrutement massif de jeunes par voie de concours dans la Fonction publique de l'Etat et dans celle des collectivités territoriales et le Programme d'appui à la jeunesse qui est doté de 1,3 milliard Fcfa.
Siriman Traoré n'a cependant pas manqué d’évoquer les difficultés auxquelles les jeunes sont confrontés. A commencer par la situation de l’école. Sur ce volet, il a lancé un appel à tous les acteurs de l'école pour se mobiliser et redonner au cadre scolaire, toute sa lettre de noblesse. Il a en même temps demandé au gouvernement d'accorder une attention particulière aux préoccupations des enseignants. Le leader des jeunes a aussi remercié le gouvernement pour sa politique visant à éradiquer l'insécurité routière dont les jeunes sont les premières victimes. Prenant la parole à son tour, le chef du gouvernement a évoqué l’importance du rôle des jeunes dans le développement d’un pays. Et le Mali ne saurait faire exception à cette règle. Les jeunes sont et restent l'avenir d'un pays. A ce propos, Modibo Sidibé a évoqué une pensée qui illustre bien l’importance du rôle des jeunes dans la société. Il a ainsi fait référence à un adage qui dit que "quand le vent souffle, ce ne sont pas les feuillages, ni le tronc qui empêchent l'arbre de tomber, mais bien ses racines".
Les jeunes qui sont donc les racines du pays doivent l'empêcher de sombrer. Le Premier ministre a demandé aux participants à ces journées de concertations régionales de se pencher sur toute la problématique de la jeunesse. Il a évoqué les actions menées par le gouvernement pour aider la jeunesse à s’épanouir. A ce titre, il a évoqué l'initiative du président de la République, Amadou Toumani Touré ayant débouché en 2003 sur une déclaration en faveur de l'emploi des jeunes, la création de l'Agence pour l'emploi des jeunes (APEJ), l'affectation de 2% de la contribution forfaitaire des employeurs au Fonds national pour l'emploi des jeunes, l'intensification du programme d'installation des jeunes dans le secteur agricole (10% des aménagements sont réservés aux jeunes pour faciliter leur accès à la terre). Modibo Sidibé a appelé les jeunes à ne pas hypothéquer leur avenir. Ceux-ci doivent d'abord donner ce qu'ils peuvent au pays.
S’agissant de la situation de l'école, le Premier ministre a indiqué que les enseignants méritent toute la considération qui leur est due et que le gouvernement s'attèle à satisfaire leurs doléances. Les pouvoirs publics sont prêts à créer toutes les conditions nécessaires pour eux afin qu'ils puissent enseigner sans avoir le souci de lendemains incertains. Une relecture du statut de l'enseignant est d’ailleurs envisagée.
Il a lancé en retour un appel aux enseignants afin qu'ils fassent preuve d'éthique et de civisme pour sauver l'année scolaire. M. C ***
LE BLÉ N’EST PAS OUBLIE
Après Bintagoungou, la délégation du chef du gouvernement s'est rendue à Bourem Sidi Amar pour rencontrer les producteurs de blé. Le Premier ministre a annoncé à ceux-ci que la culture du blé sera prise en compte dans l'Initiative riz lors de la prochaine campagne agricole. Les producteurs de cette spéculation pourront ainsi à leur tour bénéficier de la subvention de l'engrais qui leur sera cédé à 12 500 Fcfa le sac.
Modibo Sidibé a également annoncé que le gouvernement va doter le Fonds national agricole d'une enveloppe de 7 milliards Fcfa pour faire face aux problèmes de production. De Bourem Sidi Amar, la délégation a mis le cap sur Goundam où elle devait déjeuner. A l'arrivée quelques véhicules manquaient à l'appel. Leurs occupants s’étaient perdus dans la nature, les chauffeurs n’ayant pu retrouver les traces des véhicules en tête de convoi. Cette situation a été favorisée par la défaillance du système de communication radio entre les différents véhicules.
Il faut dire que les pistes dans cette partie du pays se ressemblent. Seuls les initiés peuvent aisément se sortir d’affaire. Après cet épisode, la délégation a pris la direction de Diré. Là, les producteurs de blé ont surtout évoqué leur sous-équipement, leur faible capacité de négociation des prix au moment de la commercialisation de la céréale, le manque de moyens pour transformer le blé en farine. Pourtant, la culture et la consommation du blé sont une tradition séculaire dans le cercle. La coopération technique belge a accepté d'appuyer la culture du blé. Elle apporte sa contribution dans le Projet d'appui à la filière blé dans la Région de Tombouctou avec une enveloppe de 2,6 milliards Fcfa. Le coût total du projet se chiffre à un peu plus de 3 milliards Fcfa.
L’initiative vise à améliorer la viabilité et la productivité de la filière blé comme source stratégique de revenus et de sécurité alimentaire pour les populations rurales et urbaines de la Région de Tombouctou. Le Premier ministre a souligné que le gouvernement a déjà pris des mesures pour résoudre les problèmes auxquels est confrontée la filière.
Après cette mise au point, Modibo Sidibé s'est rendu au garage de machinisme agricole de la coopération allemande GTZ où étaient exposés des motopompes de diverses puissances. Le garage procède au montage, à l'entretien et à la formation des mécaniciens sur la réparation et l'entretien des engins.
La coopération allemande apporte ainsi sa contribution à la riziculture et à la culture du blé dans la région. C’est de là que le Premier ministre s'est rendu à la station de pompage du Périmètre de développement intégré de Saouné.
M. C.
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